05 Jan 2026

Pourquoi bébé pleure-t-il quand je le pose ?

Comprendre ce comportement et y répondre sans culpabiliser

« Dès que je pose mon bébé, il pleure. »
« Il semble ne pas supporter d’être seul. »
« Il réclame sans cesse les bras. »

Ces interrogations figurent parmi les plus fréquentes chez les jeunes parents. Elles génèrent souvent inquiétude, fatigue et parfois culpabilité. En tant que professionnels de la petite enfance, nous souhaitons avant tout vous rassurer : ce comportement est, dans la grande majorité des cas, parfaitement normal et attendu au cours du développement du nourrisson.

Le pleur : un mode de communication essentiel

Le nourrisson ne dispose pas encore du langage verbal. Le pleur est son principal outil de communication pour exprimer un besoin : faim, inconfort, fatigue… mais aussi besoin de proximité et de sécurité.

Lorsqu’un bébé pleure au moment où vous le posez, il n’exprime ni un caprice ni une volonté de manipulation. Il manifeste simplement un besoin de continuité affective.

Sur le plan du neuro-développement, le bébé (jusqu’à 8 mois environ) :

  • ne différencie pas encore pleinement son corps de celui de la figure d’attachement,
  • ne possède pas les capacités d’auto-apaisement,
  • n’a pas conscience de la permanence de l’adulte lorsqu’il ne le voit plus.

Les bras représentent alors un environnement sécurisant et régulateur.

Un besoin d’attachement sécurisant, reconnu par les professionnels

Les travaux en psychologie du développement et en neurosciences affectives montrent que le besoin de proximité est fondamental chez le jeune enfant.

Répondre rapidement et de manière cohérente aux pleurs :

  • favorise un attachement sécurisé,
  • soutient le développement émotionnel,
  • contribue à une meilleure capacité d’autonomie à long terme.

Contrairement à certaines idées reçues, porter, rassurer ou consoler un bébé ne crée pas de dépendance excessive. Bien au contraire : un enfant qui se sent compris et sécurisé développe progressivement la confiance nécessaire pour explorer son environnement.

À quels âges ce comportement est-il fréquent ?

Ce besoin est particulièrement marqué :

  • durant les premiers mois de vie, souvent appelés le « quatrième trimestre »,
  • lors de certaines phases de développement (pics d’acquisition, poussées de croissance),

en période de fatigue, de maladie ou de changement de rythme ou dans la vie de l’enfant (déménagement, grossesse, etc.)

Il est important de rappeler que chaque enfant est unique. Certains nourrissons ont un besoin de contact physique plus prononcé, sans que cela ne traduise une difficulté particulière.

Comment accompagner votre bébé de manière adaptée ?

En tant que professionnels, nous recommandons des réponses simples, respectueuses du rythme de l’enfant :

✔️ Le portage

Le portage physiologique permet au bébé de retrouver des sensations proches de celles vécues in utero, tout en offrant une liberté de mouvement aux parents.

✔️ Des transitions douces

Avant de poser votre bébé, verbalisez votre action, ralentissez vos gestes et accompagnez physiquement la transition afin de limiter la sensation de rupture.

✔️ L’observation des signaux de fatigue

Un bébé en état de surstimulation ou de fatigue aura davantage de difficultés à tolérer la séparation des bras.

✔️ Des repères sécurisants

Une voix calme, une présence visuelle, une odeur familière ou un objet transitionnel peuvent soutenir l’apaisement.

Il est important de prendre le temps de verbaliser à l’enfant pourquoi on ne peut le garder dans les bras : le besoin de faire autre chose, le mal de dos qui se crée, etc. L’enfant a besoin d’entendre la raison du refus, de l’impossibilité de rester dans les bras.

Chez Carrousel et Câlins les professionnelles se passent le relais afin de rester disponible à l’enfant qui en manifeste le besoin. Elles s’installent à côté des enfants au sol, évitent les déplacements inutiles qui peuvent aggraver les pleurs / insécurité. La verbalisation est aussi pratiquée. Tout comme le portage en écharpe qui permet de sécuriser les plus petits qui en ont le besoin, tout en pouvant jouer avec les autres enfants.

La connaissance de chaque enfant, de leurs habitudes à la maison et à la crèche permet aussi d’accompagner au mieux les enfants au quotidien.

Ce qu’il n’est pas nécessaire de faire

Il n’est pas recommandé :

  • de laisser pleurer un nourrisson dans le but de « l’habituer »,
  • de répondre de manière différée à ses besoins par crainte de mauvaises habitudes,
  • de se comparer à d’autres enfants ou à des normes irréalistes.

Les recherches actuelles sont claires : la réponse bienveillante et ajustée aux pleurs est bénéfique pour le développement de l’enfant.

Accompagner le bébé, mais aussi soutenir les parents

Un bébé qui réclame souvent les bras peut mettre à l’épreuve l’endurance physique et émotionnelle des parents. Reconnaître cette difficulté, accepter de demander de l’aide et s’appuyer sur des professionnels fait pleinement partie d’une parentalité équilibrée.

En résumé

  • Le fait qu’un bébé pleure lorsqu’on le pose est fréquent et normal
  • Ce comportement est lié à son immaturité neurologique et à son besoin d’attachement
  • Répondre à ses pleurs favorise la sécurité affective
  • La proximité aujourd’hui soutient l’autonomie de demain

En tant que professionnels de la petite enfance, notre message est clair : faire confiance à votre intuition et aux besoins exprimés par votre bébé est une base solide pour son développement.

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